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Inscrire son nom dans la pierre : mémoire et combat des femmes artistes ?

Après l’obtention de mon diplôme aux Beaux-Arts de Munich, Hermann Pitz, artiste plasticien et professeur tout au long de mon cursus m’a offert une photographie extraite d’un article de presse illustrant l’entrée des femmes aux Beaux-arts de Munich. Ce geste m’a replongé dans une réflexion sur le parcours des femmes dans les académies d’art et…

Akademie der Bildenden Künste München (Foto David Kostner; Wikimedia Commons)

Après l’obtention de mon diplôme aux Beaux-Arts de Munich, Hermann Pitz, artiste plasticien et professeur tout au long de mon cursus m’a offert une photographie extraite d’un article de presse illustrant l’entrée des femmes aux Beaux-arts de Munich. Ce geste m’a replongé dans une réflexion sur le parcours des femmes dans les académies d’art et leur lutte pour la reconnaissance.

L’accès des femmes aux beaux-arts de Munich

Fondée en 1808, l’Académie des Beaux-Arts de Munich a longtemps été réservée aux hommes. Les femmes, exclues des formations académiques, ont dû attendre 1920 pour y être admises. Avant cela, des écoles parallèles comme la Damenakademie (1884) leur offraient une alternative, bien que restreinte à des sujets jugés « féminins ».

Une photographie chargée d’histoire


L’image reçue représente une femme peignant une vache, une scène qui illustre bien les limites imposées aux femmes artistes, souvent exclues des études de nu académique. Illustration de la persévérance de celles qui ont dû se battre pour leur place dans l’art.

Héritage et transmission

En 2017, mon travail « À la mémoire » a été récompensé par le prix de réalisation de l’association des beaux-arts de Munich (Akademieverein). Cet hommage s’est concrétisé par la pose d’une plaque de Granit portant mon nom sur la façade de l’Académie des Beaux-Arts de Munich, au même niveau que celles d’artistes renommés installées après la guerre austro-prussienne de 1866, lors de la restauration du bâtiment entre 1874 et 1887. À l’époque, ces plaques commémoratives reflétaient avant tout la volonté de l’Académie de s’associer à des noms prestigieux, exclusivement masculins, perpétuant ainsi l’invisibilisation des femmes artistes.

La façade classée monument historique, impose des contraintes strictes. En raison de ce statut patrimonial, l’installation de ma plaque a nécessité un accès par l’intérieur du bâtiment afin de respecter la préservation de la façade.

A la mémoire 2017
Association des Beaux-arts de Munich
Prix de réalisation

Ce geste a eu une portée bien plus grande qu’un simple acte de reconnaissance. J‘ai brisé une tradition exclusivement masculine. Cette plaque représente non seulement mon parcours personnel, mais aussi la lente évolution du statut des femmes artistes au sein des institutions académiques. Pendant des siècles, les femmes ont dû contourner les interdictions, s’inscrire dans des écoles alternatives ou se faire une place en marge des circuits officiels. Ce combat pour la visibilité est encore d’actualité.

Comment faire en sorte que les femmes artistes ne soient plus seulement des exceptions dans l’histoire de l’art, mais pleinement reconnues à leur juste place ?